Les chinois dans le livre Guiness des records

Publié le 30 Avril 2006

Depuis son lancement le 27 août 1955, le Livre des records Guinness enregistre l’histoire de l’homme en dépassement de ses limites, et attire ainsi l’attention du monde entier. En Chine actuellement, la passion de battre les records se propage.

 

 

 

Il y a un demi-siècle, Sir Hugh Beaver, l’initiateur du Livre des records Guinness, ne pouvait prévoir la popularité de ce livre de l’autre côté du monde.

 

Ces dernières années, les records Guinness sont devenus le point de mire de bon nombre de Chinois. D’après Tang Risong, directeur du centre de candidature chinois aux Records mondiaux Guinness, le centre a reçu plus de 1 300 demandes. Chaque année, quelque 20 tentatives de record sont insérées au Guinness.

 

Le 20 octobre 2005, le centre a décerné les certificats au registre généalogique de Confucius et aux Nü shu (lettres rédigées en un langage secret connu des femmes seulement) exposés à la Foire internationale du livre de Frankfurt. Du VIIIe siècle avant notre ère jusqu’à aujourd’hui, le registre généalogique du Confucius, le plus long du monde, a cumulé 86 générations en ligne directe de Confucius. Quant aux lettres féminines découvertes dans la province du Hunan, elles forment la communication entre femmes la plus distinctive du monde.

 

D’après Tang, les records réalisés par les Chinois appartiennent à quatre catégories.

 

La première représente la civilisation et l’histoire dont font part la Grande Muraille d’une longueur record de 3 460 km, et la place Tian’anmen, la plus grande du monde, qui s’étend sur 39,6 ha.

 

La deuxième catégorie couvre les réalisations de la Chine dans la construction nationale surtout depuis la réforme et l’ouverture. Étendue à 35,6 millions d’ha, la forêt protectrice des Trois Nord est la plus grande forêt artificielle du monde. Yang Liwei, cosmonaute chinois, a fait son premier voyage de 21 h 23 min dans l’espace, considéré comme le plus long du genre.

 

La troisième reflète la physionomie humaine du pays. Sous cette rubrique on voit Fu Mingxia, la plus jeune championne mondiale qui a gagné la médaille d’or du plongeon à l’âge de 12 ans. La TVS (Télévision du Sud au Guangdong) a organisé le plus long relais de karaoké qui a duré 100 heures et a été réalisé par 399 personnes.

 

La dernière concerne les bizarreries populaires. Chen Yupei, sculpteur d’objets minuscules, a fait la plus petite théière du monde de 4 mm de hauteur sur 6,8 mm de largeur, d’une capacité de 0,03 ml et utilisable normalement.

 

Les Chinois font preuve d’originalité pour créer de nouveaux domaines. Voici quelques tentatives.

 

Le 1er octobre 2001, au parc nautique de Xiamen au Fujian, quatre jeunes filles du Zhejiang ont tenté de cohabiter avec 2001 serpents dans une chambre vitrée de 48 m2 jusqu’à la fête des Lanternes de 2002, dans le but de briser leur propre record de 288 heures établi six ans auparavant.

 

En septembre 2005, Liu Shubin, âgé de 44 ans et originaire du Heilongjiang, s’est rendu à Shenyang en deux jours d’autocar et de train. Ce long voyage avait pour but de présenter sa tentative de record de jongler avec un énorme mouchoir de 2,4 m de diagonale. Sur place, il a rencontré deux autres candidats au Guinness. Le premier peut écrire trois caractères différents en même temps avec trois stylos tenus par les deux mains et la bouche ; l’autre fait cent tours sur lui-même en une minute tout en tricotant

 

Le Livre des records Guinness est né d’une idée éclair. En 1951, le directeur de la brasserie Guinness, sir Hugh Beaver, participait à une partie de chasse. Un différend l'opposait à un autre chasseur à savoir si le pluvier doré est le gibier le plus rapide d’Europe. Il a fouillé des livres pour trouver la réponse, mais en vain. C'est ainsi qu’a germé chez lui l'idée d'un recueil qui réunirait l'ensemble des réponses à ce genre de questions. Il pensait qu'un tel ouvrage pourrait être populaire. Quatre ans plus tard, la première édition du Guinness a paru et a dominé le palmarès des best-sellers de l’année. Aujourd’hui traduit en 23 langues, le Livre se vend à 3,5 millions d’exemplaires par année dans le monde entier.

 

Les Chinois connaissent le Guinness depuis seulement une dizaine d’années. Mais leur passion pour les certificats de records est beaucoup plus chaude que dans les autres pays. Par exemple, un record a été créé à Wuxi alors que 1 064 personnes jouaient du erhu ensemble, et fut très vite brisé par 1 490 musiciens de Xuzhou. Si les Anglais prennent les records pour une banalité, pense un analyste, les Chinois les recherchent avec passion.

 

Selon des experts de l’Académie des sciences sociales de Chine, les tentatives de records susmentionnées sont peu significatives. À l’étranger, les records Guinness ne sont qu’un divertissement tandis que les Chinois les lient à la gloire nationale. La passion pour un simple certificat a même remplacé l’esprit de travail.

 

Si ces passionnés individuels sont un peu aveugles, certaines sociétés ont leur raison de rechercher les records. Wang Bin, conseiller d’une fabrique de meubles à Anshan, dit : « On a présenté une tentative de record pour une énorme chaise de 2,4 m de haut sur1,1 mètre de large pour favoriser notre réputation et nos occasions commerciales ».

 

Le problème est que certaines tentatives de records sont dangereuses. À titre d’exemple, en 2004, Chen Jianmin, un médecin traditionnel surnommé Superman oriental, a entrepris un jeûne de 49 jours enfermé dans une petite chambre de vitre afin de briser le record de 43 jours créé par David

 

Blaine, magicien étatsunien. Or, après un tel jeûne, les organes comme le cerveau, les reins et l’estomac seront abîmés et auront besoin d’une longue période pour recouvrer la santé. Alors ce genre de records au prix de la sécurité physique ont été remis en question.

 

À cet égard, la docteresse  Wu Xiaohong, seule personne en Chine chargée d’authentiquer les records Guinness, a son opinion. D’après elle, la passion des Chinois pour le Guinness reflète la puissance nationale, l’harmonie sociale, le déploiement de la personnalité et le sens de tolérance, ce qui convient au courant mondial et doit être approuvé. Considéré comme les Jeux olympiques pour personnes ordinaires, les records Guinness permettent aux Chinois d’y prendre du plaisir.

 

On remarque aussi la participation d’établissements gouvernementaux et d’entreprises qui n’ont pas à être critiqués puisqu’ils ont pour but de présenter la culture chinoise et d’établir une belle image. À l’encontre des vertus de réserve et de modestie traditionnelle, déployer sa personnalité représente la tendance actuelle.

 

Wu souligne qu’on a le droit de chercher son bonheur et de partager son plaisir avec les autres en créant des records Guinness. Mais le gaspillage de ressources humaines, matérielles et financières et les tentatives sans tenir compte des conséquences ne sont ni acceptables ni nécessaires.

 

Lü Ling

 

Source : chinafrique.com

Rédigé par Taichichouaneur

Publié dans #taichichuan-cotebasque

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