La Chine absente de la campagne présidentielle?

Publié le 29 Avril 2012

27/04/2012 | ALC. 

Si les Chinois se passionnent pour la présidentielle française, les candidats ne semblent pas forcément placer la Chine au cœur de leur priorité dans cette campagne. Pourquoi ?

"La Chine aujourd'hui est présente dans n'importe quelle campagne. Pourquoi en parle-t-on peu actuellement? La Chine n'ayant pas très bonne presse en France, peut-être est-ce par prudence", suggère Franck Desevedavy, un avocat français basé à Pékin. Avant d'ajouter : "De toute façon, les relations avec la Chine aujourd'hui sont une question centrale. Les candidats n'ont pas forcément besoin de venir".

Et cette fois-ci, ils ne sont pas venus. Lors de la campagne présidentielle de 2007, on se souvient du voyage éclair de Ségolène Royal à Pékin, qui avait trouvé le temps, malgré tout, de faire quelques bonnes bourdes, comme vanter en public les mérites de la justice chinoise "dont les tribunaux sont plus rapides qu'en France".

Peur de faire une bourde ?

Le candidat socialiste, totalement inconnu des Chinois et étranger lui-même aux mœurs du pays, craindrait-il de commettre un impair?

"Je ne pense pas, répond Franck Desevedavy. "Hollande a fait le choix de privilégier des déplacements en France et dans les capitales européennes. Je pense que c'est une bonne décision sur le plan stratégique. Le problème qu'il aurait eu ici, c'est un problème de protocole. Par qui aurait il été reçu? Je ne vois pas d'intention politique. Il a préféré envoyer Laurent Fabius. »

Lequel Laurent Fabius, s’estimant reçu par des dirigeants de « rang inférieur », a quitté prématurément Pékin en février dernier...

Nicolas Sarkozy n’aura pour sa part pris aucun risque. Il a joué la valeur sure : la carte Jean-Pierre Raffarin, l’éternel « ami de la Chine » qui, dans les pages du Global Times au lendemain du premier tour, défendait « la bonne connaissance de Nicolas Sarkozy des pays émergents et son envie de promouvoir des liens plus forts avec la Chine ».

Séduire la Chine

Car les candidats au 2ème tour l’ont bien compris. Ils n’ont pas le choix. Ils ne doivent pas déplaire à la future première puissance mondiale.

Interviewé ces jours-ci pour la première fois à la télévision chinoise, sur la chaîne shanghaïenne SMG, le candidat socialiste s'est engagé à "dire les choses clairement vis-à-vis de la Chine et voir comment nous pouvons avancer ensemble", pointant du doigt "l'inconstance de la droite vis à vis de l'Empire du milieu".

Une droite qui continue d’être préférée par les dirigeants chinois, même si ces derniers font mine, comme à leur habitude, de jouer la neutralité.

Nicolas Sarkozy, l’ennemi préféré du régime, qui est venu pas moins de six fois pendant son quinquennat écoulé, est dorénavant perçu comme « un interlocuteur sérieux et fiable », décrypte Franck Desevedavy. « En 2011, La France était la tête du G20. Ce qui a permis de stabiliser la relation. Et puis, les Chinois sont assez rétifs à la nouveauté. Ils aiment bien traiter avec ceux qu'ils connaissent"

 

Rédigé par Ecole de Tai Ji Quan Côte basque

Publié dans #taichichuan-cotebasque

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article