Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

PrÉSentation

  • : taichichuan côte basque
  • taichichuan côte basque
  • : Tai Ji Quan (postures, enchaînements, tui shou), Armes (épée, bâton, éventail) Qi Gong, Méditation, Yi Jing, Feng Shui Sensitif Relation Homme et paysage, stages; Invitation à visiter le site de l'association
  • Contact

Infos

f.jpg

 

 

 abstrait-ying-yang-11.gif

ooooooooooo 

 

Durant toute l'année

 

1 cours d'essai gratuit

 

Découverte, initiation

 

Tai Ji Quan

Tous les mardis à 12h

et jeudis à 10h

 

Qi Gong

Tous les jeudis à 18h30

 

 

 

 

ooooooooooo 

 

      Pour vos amis

et connaissances

Le Passeport Découverte

 

 Sans titre-1 copie 

 

Renseignements 06 85 80 47 50

 

ooooooooooo 

 

Horaires des cours

 

 Cours niveau 1 

 

(débutants et +)

Lundi 10h45

Etang du Turc, Ondres

 

ooooooooooo 

 

Lundi 18h30,

Mardi 12h, Jeudi 10h

Centre Sportif 

Haitz Péan

Anglet

 

ooooooooooo 

  

Vendredi 18h30

Urrugne

(Amicale laïque Adixkidea)

 

ooooooooooo 

 

Cours niveau 2 et 3

 

Mercredi 19h

Centre Sportif 

Haitz Péan

Anglet

 

ooooooooooo 

 

Qi Gong

 

Mardi 10h30 (UTLA)

Jeudi 18h30

Centre Sportif 

Haitz Péan

Anglet

 

ooooooooo

 

Méditation

 

1 Samedi par mois

salle des catalpas

Centre Sportif 

Haitz Péan

Anglet

 

ooooooooo

 

  Pour tout renseignement: 

 
Tel: 06 85 80 47 50   


ooooooooo 

 

oiseaux blog-1

 

 

ooooooooo

 

Recherche

Bonjour à tous,

Le collectif " a fleur de temps « travaille sur un nouveau projet

Texte libre

2022 Ensemble 
Année du Tigre d'eau

Le Tigre

Courageux et indépendant.

 

Né pour commander,

il déteste obéir.

Donnant une impression de

largeur de vue et de tolérance,

il est en fait très personnel

et même souvent dur.

Il a un assez mauvais caractère.

Son courage est souvent

de l’inconscience car il a un

très grand goût du risque.

Il a le souci de sa réputation

et apprécie que l’on dise

du bien de lui.

Aimant à se mettre en avant,

il risque, s’il n’y prend garde,

de se faire des ennemis.

Il lui plaît d’agir en grand seigneur

sans trop faire attention au détail,

et là aussi,

il encourt les critiques.

Mais s’il sait tenir parole,

il peut retrouver le respect qu’il mérite.

Son caractère est généreux

et il est capable pour les autres

de tous les sacrifices,

mais il est rarement payé de retour.

 

ooooooooooooooooooooo

 

Yi Jing


Le Yi Jing


(Le classique des mutations) est une aide précieuse lorsque vous désirez faire le point sur une situation, recevoir un avis ou un point de vue différent, faire un choix, connaître le moment approprié pour une action, savoir quelle attitude adopter.

Fondé sur la constatation que le changement est la seule chose certaine, et que toute situation évolue en fonction de son  rythme propre, en captant le moment où vous vous situez. Le Yi Jing répondra à toutes vos questions en vous donnant la meilleure stratégie à adopter

 

Tél: 06 85 80 47 50

oooooooooooooooooooo

 

 

Qi GONG

et

Paysage 

 

Feng Shui Sensitif

 

Vallée  de l'Arberoue

(prés d'Hasparren)

et

Grottes d'Isturitz

 Tél: 06 85 80 47 50

 

ooooooooooooooooooooo 


Dragons

 

 

Passage 2016

Dragon d'Argent

Dragon de feu

Fred et Isabelle

Dragon d'eau

ooooooooooooooooooooo  




 

 

 

13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 00:00

09/02/2012 | Oiwan Lam et traduction de Hanae Berton (Global Voices).

  L'ancienne milliardaire Wu Ying devrait bientôt être exécutée pour "fraudes financières". Militants et internautes chinois s'interrogent sur cette condamnation, qui pourrait chercher à taire la corruption du gouvernement. Avec Global Voices.

Le 18 janvier 2012, l'appel de Wu Ying (classée en 2006 comme la sixième femme la plus riche de Chine) contre la peine de mort à laquelle elle avait été condamnée a été rejeté par la Cour Suprême du Peuple de la province du Zhejiang. De nombreux citoyens chinois ont réclamé l'abandon de la peine de mort concernant Wu estimant que celle-ci était destinée à la faire taire et à l'empêcher de dénoncer la corruption des membres du gouvernement qui lui avaient prêté des fonds publics détournés.

Les soupçons sont devenus plus sérieux lorsque les membres du gouvernement de la ville de Dong Yang ont présenté une lettre commune à la Cour recommandant l'exécution de Wu Ying.

La jeune femme de trente ans a d'abord été arrêtée en mars 2007, accusée d'avoir détourné 770 millions de yuan (environ 122 millions de dollars). Le 18 décembre 2009, l'accusation a été changée en “fraude financière” et elle a été condamnée à lapeine de mort par le Tribunal populaire intermédiaire de Jinhua. Lors du premier procès de Wu Ying, il n'y avait aucun avocat pour la représenter, et tous les procès, même l'appel, se sont déroulés à huis clos.

Teng Biao, avocat défenseur des droits humains, a écrit un article très long [chinois] expliquant certains des détails connus au sujet de l'affaire Wu Ying.


Un liste d'usuriers


En 2003, âgée de 22 ans, Wu a ouvert un salon de beauté dans la ville de Dong Yang. Elle a ensuite étendu ses affaires au domaine du divertissement et au mobilier. Comme il est banal pour les entrepreneurs en Chine, elle a eu des difficultés à obtenir des prêts de la part des banques et a dû récolter des fonds par d'autres moyens. En décembre 2006, elle a rencontré des problèmes de trésorerie et n'a pas pu rembourser sa dette aux usuriers. Elle a été kidnappée, volée et a reçu des menaces de mort peu après avoir été relâchée. Les officiers de la police locale n'ont pas enquêté sur son cas. Au contraire, elle a été arrêtée.

Pendant sa détention, Wu a divulgué une liste de membres du gouvernement qui lui avait prêté illégalement de l'argent. Trois d'entre eux ont été condamnés à une longue peine d'emprisonnement. Plus tard, des journaux locaux [chinois] dévoilaient que Wu avait fourni une liste de 137 noms de représentants du gouvernement dont 103 lui avaient prêté plus de 500 000 yuan. On soupçonne beaucoup de membres du gouvernement local d'être impliqués. Des fonctionnaires ayant reçu des pot-de-vins ou obtenus des fonds par des moyens illégaux sont suspectés d'accorder des prêts à taux d'intérêt élévés aux entreprises privées.


Le financement illégal est inévitable


 

 

Teng Biao souligne [chinois] que dans le système financier actuel, il est impossible pour le secteur privé de ne pas avoir recours à un financement illéga l; dans d'autres termes, la plupart des entreprises privées chinoises prospères ont probablement commis le même “crime” que Wu Ying :

Comme elles ont du mal à obtenir un soutien de la part des banques, les entreprises privées doivent emprunter de l'argent sur le marché. Selon les statistiques, seulement 20% des prêts à court terme accordés par les banques vont aux entreprises privées. Une enquête au sujet des banques montre que plus de 90% des petites et moyennes entreprises n'ont pas réussi à obtenir un prêt bancaire. Plus de 62,3% des entreprises familiales obtiennent leur capital sur le marché.

 

0802-chine-peine-de-mort.jpg
Wu Ying lors de son procès pour fraude financière. Elle a été condamnée à mort. Capture d'écran de la chaîne
NTDTV

 

Le blogueur Li Ming souligne [chinois] le fait que si Wu mérite de mourir alors beaucoup d'autres devraient être également exécutés:

Si Wu doit être exécutée, alors les patrons lâches de Wenzhou doivent l'être aussi. Ces joueurs qui empruntent de l'argent à des usuriers, ces patrons qui étalent leur richesse avec l'argent de l'entreprise doivent également être exécutés. Maintenant, nous avons une groupe d'entrepreneurs ratés qui profitent du sauvetage du gouvernement alors que Wu Ying, dans la même situation, a été condamnée à mort. C'est tellement injuste. La loi est mauvaise.


Source d'amusement


 

 

Yao Shujie, une étudiante expatriée, constate encore plus d'injustices dans la société de Chine continentale [chinois] :

Wu Ying a seulement porté préjudice à 11 personnes. Dans le cas des compagnies de la liste, leur faillite nuirait à des millions de personnes. Il n'y a aucune différence entre Wu Ying et les PDG des compagnies de la liste mais Wu a été condamnée à mort alors que ces PDG encaissent au même moment des salaires et des bonus s'élevant à des millions (de yuan) et qu'un avenir fructeux les attend.

Les cas des représentants corrompus comme Xu Zhonghang et Liu Zhijunconcernaient des dizaines de milliards de yuan et les dommages qu'ils ont occasionnés sont cent fois plus sérieux que ceux que Wu a causés. Ils n'ont pas été condamnés à mort.

Douze ans plus tôt, Lai Changxing était mouillé dans un scandale de corruption s'élevant à 70 milliards de yuan. Comme il s'est débrouillé pour se réfugier au Canada pendant onze ans, il a bénéficié de l'amnistie et a évité la peine de mort à son retour.

Dans un seul et même pays, les gens ont des sorts si différents. Il n'y a rien d'étonnant au fait que certains pensent que la condamnation à mort de Wu est une grande source d'amusement pour les fonctionnaires corrompus et pour Lai Changxing.

La condamnation à mort de Wu Ying concerne-t-elle seulement ses activités économiques ? Ye Kuangzheng, écrivain indépendant à Beijing ne pense pas que ce soit le cas :

La lettre commune des représentants du gouvernements recommandant l'exécution de Wu Ying n'est pas seulement destinée à la faire taire mais aussi à menacer les autres. Qui d'autre ose dénoncer la corruption des membres du gouvernements pendant leur détention ? Il manque des millions de dollars sur les comptes bancaires de Wu, qui a pris cet argent ? Une fois que Wu sera décédée, qui d'autre pourra nous fournir des indices? Y a-t-il des conflits d'intérêts derrière toute cette affaire ? Comment se fait-il que certains des membres du gouvernement impliqués dans l'affaire ne soient toujours pas inculpés ? Même si Wu méritait une peine aussi sévère, nous devrions attendre que la lumière soit faite sur cette affaire avant de la voir mourir.

Partager cet article

Repost0
10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 00:00

 

En Chine, des toilettes unisexes pour lutter contre l'inégalité sanitaire

Chinoises et Chinois pourraient se mélanger dans les toilettes du Fujian, afin de remédier à la pénurie de petits coins réservés aux femmes.

Pourquoi la file d’attente est toujours plus longue pour les femmes que pour les hommes ? La question est fréquente chez celles qui sont surprises par une envie pressante dans un lieu public.

Les théories divergent : certains raisonnent par l'arithmétique, et dénoncent le temps passé sur les toilettes ou devant les miroirs par la gente féminine, d'autres s'appuient sur la biologie, et font valoir qu'a plus petite vessie, vidage plus régulier.

 

"Le prix de l'émancipation"


En Chine, l’explication est beaucoup plus simple : il n’y a pas suffisamment de toilettes publiques pour les femmes.

C'est en tout cas l'avis de Gan Duanrong, conseillère politique de la province du Fujian et chef de file de l’association des femmes de Quanzhou pour qui l’heure est venue d’instaurer la parité au petit coin. Devant l'assemblée politique locale, elle a déposé une motion pour ouvrir les latrines masculines au deux sexes dans toute la région, rapporte le China Daily.

Le manque de commodités publiques serait dû à l’évolution de la société chinoise, rapporte le quotidien officiel. « De plus en plus de femmes s’engagent dans des activités publiques", rendant "urgente" la question des sanitaires mis à leur disposition.

Gan Duanrong ajoute que l'inégalité d'accès aux lieux d'aisance n'avait pas encore posé problème, puisque jusqu'à présent, « les femmes avaient tendance à rester à la maison ». Les Chinoises payent donc aujourd’hui le prix de leur émancipation.

 

Révolution sanitaire

Depuis quelques années, la Chine redouble d’efforts pour améliorer ses commodités publiques ou en créer de nouvelles.

En 2007, Chongqing a réglé son problème de sanitaires de manière radicale en construisant les plus grandes latrines au monde. Avec 1000 toilettes rassemblées sur 4 étages dans un palais en porcelaine, la ville peut désormais se vanter d’être entrée dans le livre des records.

 

cntoire08.jpg
Les femmes ne sont pas les seules laissés-pour-compte des toilettes chinoises
...

 

L’année suivante ce fut au tour de Pékin d’ouvrir son porte-monnaie pour que les millions de touristes attendus pour les Jeux Olympiques puissent uriner en toute sérénité. La rénovation des 3700 toilettes publiques de la capitale aura tout de même coûté plus de 30 millions d’euros.

 

Une mixité redoutée


Si la motion de Gan Duanrong œuvre pour la parité des sexes, certaines femmes de sa région ont cependant exprimé leur réticence sur internet.

« Il est difficile pour moi d’accepter des toilettes unisexes » confie Lu, une habitante du Fujian précisant que « la culture chinoise insiste sur le fait que les hommes et les femmes doivent être clairement séparés ».

Les oppositions au projet sont nombreuses, certaines parlant de malaise, d’autres évoquant les risques de voyeurisme de la part des nouveaux "co-latrinaires".

Les inquiétudes sont aussi d’ordre technique, un fonctionnaire de l’administration sanitaire précisant que « les équipements sont différents ».

D’autres pourraient opiner que la pénurie de toilettes n’est pas un problème de genre. A Canton, par exemple, il y aurait 907 WC public pour 12 millions d’habitants, d’après l’agence de presse officielle Xinhua.

Partager cet article

Repost0
7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 00:00

02/02/2012 | ALC.

Reportage Vidéo : La plupart des 400 000 PME de la ville sont financées par des "banques noires", qui leur accordent des crédits à des taux exorbitants. Un système bancaire souterrain et illégal qui met en danger l'économie de la Chine.

Dans la région de Wenzhou, la première ville de Chine à avoir développé le secteur privé dans les années 80, la plupart des 400 000 petites et moyennes entreprises sont financées par des "banques noires".

Ces banques sont des officines privées et illégales qui leur accordent des crédits à des taux exorbitants. Les PME ne peuvent cependant pas faire sans elles, puisque les grandes banques d'État refusent de leur faire crédit. Ces banques de l'ombre se présentent sous différentes formes : des privés ou bien des prêteurs sur gage aux activités doubles. Aujourd'hui, cette économie souterraine tient toute la ville. Et même plus : ces banques fournissent environ 10% des prêts au niveau national. Elles menacent aujourd'hui l'économie du pays.

Un reportage de Lily Eclimont et Manuel Rambaud pour Hikari Presse / Aujourd'hui la Chine :

Partager cet article

Repost0
4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 00:00

Si, pour des millions de Chinois, le nouvel an lunaire sonne l'heure du "retour à la maison", beaucoup s'en mordent les doigts. Car le village de leur enfance a cédé sous les coups de boutoir de la ville moderne. 

24.01.2012 | Liu Yanxun | Zhongguo Xinwen Zhoukan (China Newsweek)

 Un village de la province de Guizhou - Photo de ToGa Wanderings via Flickr CC

 Un village de la province de Guizhou - Photo de ToGa Wanderings via Flickr CC

Rentrer dans sa famille pour le réveillon du nouvel an est un choix indiscutable. Pourtant, pour la plupart des Chinois, c’est un sujet d’affliction : beaucoup ne peuvent pas rentrer chez eux ou, quand ils y parviennent, ne reconnaissent plus leur terre natale. Xiong Peiyun est originaire de la province du Shanxi [nord-est de la Chine]. Il a écrit un livre sur son pays natal dans lequel il affirme que l’arrachage de certains arbres anciens constitue pour lui le changement le plus insupportable parmi tous ceux intervenus dans son village.

Sans ces arbres, sa terre risque de perdre son âme. “Dans les années 1980, c’est à côté de ces arbres que je coupais le riz en écoutant la chanson de Cui Jian Rien en mon nom[qui a rendu célèbre ce pionnier du rock chinois]. Avec mes parents, nous travaillions comme des forcenés dans les rizières à cause de la double récolte. Maintenant, même si je donne l’impression d’être dans mon élément en ville et si je n’ai plus rien d’un 'bouseux', je souffre au fond d’avoir perdu le pays natal que j’aimais”, écrit Xiong Peiyun.

La population s’est enrichie

Il est rentré dans son village au printemps 2008 dans la voiture d’un ami d’enfance. C’était juste pour aller voir les grands trous laissés par les arbres arrachés. On entend souvent les gens dire que leur village natal ressemble désormais à un champ de bataille tombé aux mains de l’ennemi et Xiong Peiyun adhère complètement à cette formule. Dans certaines régions comme le sud du Jiangsu [province côtière], les villages et les petites villes, après avoir attiré les investissements extérieurs, se sont transformés en forêts d’usines. La population locale s’est sensiblement enrichie ; les jeunes peuvent désormais travailler dans des usines à proximité de chez eux sans avoir besoin de partir au loin. 

Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils peuvent rester dans leur village natal tel qu’il était. Quand nous les avons interrogés, beaucoup ont déploré les changements intervenus dans leur environnement immédiat, qui ont tellement transformé leur pays natal. Les villes démolissent et reconstruisent à tour de bras et de nouveaux villages poussent comme des champignons. En réponse à de nouvelles directives et de nouvelles politiques, les villages comme les petites villes s’empressent de se métamorphoser. On voit surgir de nouvelles rues, de nouveaux immeubles, des supermarchés, des digues, des ponts… Les endroits familiers deviennent des lieux complètement inconnus. L’une des personnes interrogées nous a confié, sans exagération aucune, avoir désormais besoin d’un plan quand elle rentre chez elle !

Des zones résidentielles uniformisées

Selon un journaliste qui a enquêté à Kunshan, dans le sud de la province du Jiangsu, les pouvoirs publics locaux comptent reloger tous les habitants du village dans des immeubles. De ce fait, les villages font les uns après les autres l’objet de plans d’urbanisme visant à créer de nouvelles zones résidentielles bien ordonnées et uniformisées. Cependant, la première chose que font les villageois forcés de déménager brusquement dans ces grands ensembles consiste à démonter leur plaque de cuisson au gaz, à maçonner un fourneau à l’ancienne directement sur le carrelage de la cuisine, puis à percer un trou dans le mur pour y installer une cheminée d’aération. En effet, ils ne peuvent se passer du plaisir de voir les flammes lécher l’intérieur du fourneau. C’est cela le vrai bien-être pour eux ! Ils continuent également à accrocher des panneaux de bambou portant des inscriptions de bon augure à l’extérieur de leurs fenêtres ou un miroir tout en haut de leurs immeubles [censé chasser les mauvais esprits]. 

Pour abstrait que soit le terme de “pays natal”, il évoque des scènes très concrètes, comme celles des funérailles. Liang Hong, universitaire à la faculté de chinois de l’Institut d’études politiques de la jeunesse chinoise, explique que, dans ces villages et petites villes complètement reconstruits, les villageois continuent parfois de procéder aux funérailles comme autrefois, sauf que la cérémonie, qui se déroulait jadis en pleine campagne, ne peut désormais avoir lieu qu’au beau milieu du flot ininterrompu des voitures du centre-ville. Chaque fois qu’elle voit ce genre de scènes, Mme Liang ne peut s’empêcher de lui trouver un côté absurde…

 

Partager cet article

Repost0
1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 00:30

 

LEMONDE.FR avec AFP | 23.02.12 |

Cheung Chiu-kwan, chef de la section peinture chinoise à Sotheby, montre une oeuvre de Zhang Daqian lors d'une exposition à Hong Kong, "My life with Father", en septembre 2011.

Cheung Chiu-kwan, chef de la section peinture chinoise à Sotheby, montre une oeuvre de Zhang Daqian lors d'une exposition à Hong Kong, "My life with Father", en septembre 2011. AFP/LAURENT FIEVET

L'artiste chinois Zhang Daqian (1899-1983) est devenu numéro un au palmarès des enchères mondiales cumulées en 2011, détrônant Pablo Picasso qui, pour la première fois depuis plus de vingt ans, échoue au pied du podium. Le célèbre peintre espagnol a été relégué à la quatrième place derrière le Chinois Qi Baishi et l'Américain Andy Warhol, a annoncé Artprice, jeudi 23 février.

"La Chine, qui a pris la première place sur le marché des enchères d'œuvres d'art depuis 2010, a hissé en 2011 deux de ses artistes phares en tête du classement annuel des artistes" élaboré par Artprice, a indiqué Thierry Ehrmann, président-fondateur de cette société. Six artistes chinois figurent dans le "Top 10" établi par Artprice, société française leader des données sur le marché mondial de l'art, qui publiera lundi son bilan annuel du marché de l'art.

PICASSO, SEUL ARTISTE DU TOP 10 EN BAISSE

Zhang Daqian (1899-1993), peintre respectueux des traditions de la peinture chinoise, qui occupait la troisième place en 2010, a réalisé un produit de ventes aux enchères d'un montant cumulé de 416 millions d'euros en 2011, avec 1 371 lots vendus. Son compatriote Qi Baishi (1864-1957) conserve sa place de numéro deux, avec 383 millions d'euros de ventes. Andy Warhol (1928-1987) arrive en troisième position sur le marché des enchères, avec des ventes de 245 millions d'euros en 2011, pour 1 624 lots.

 

Détail d'un tableau de l'artiste chinois Qi Baishi (1864-1957), représentant un faucon sur un pin entouré des mots "Une longue vie, un monde en paix".

Détail d'un tableau de l'artiste chinois Qi Baishi (1864-1957), représentant un faucon sur un pin entouré des mots "Une longue vie, un monde en paix".AFP/guardian china

 

Pablo Picasso, qui avait supplanté l'impressionniste Claude Monet en 1997 et pris la tête du classement treize fois au cours des quatorze dernières années, se fait largement distancer en 2011. Il est même le seul artiste du Top 10 d'Artprice à voirses ventes baisser en 2011. Après avoir été de 273 millions d'euros en 2010, elles ont reculé l'an dernier à 237 millions d'euros.

"VOLONTÉ NATIONALISTE"

Plus que le montant cumulé des ventes – qui dépend notamment du nombre de lots mis en vente –, c'est la cote de l'artiste qui compte. Celle de Picasso, comme celle de Warhol, s'est bien comportée en 2011.
La montée en puissance des artistes chinois n'en reste pas moins éclatante."Jusqu'à une période relativement récente, il n'y avait pas officiellement de collectionneurs privés, car la propriété privée était interdite par le régime communiste", rappelle Fabrice Bousteau, directeur de la rédaction du magazineBeaux Arts, interrogé par l'AFP. Il y a donc un phénomène de rattrapage.

"A cela s'ajoute une volonté nationaliste d'acheter des artistes chinois. C'est un phénomène que l'on observe dans d'autres pays émergents comme l'Inde ou le Brésil, attachés à promouvoir leurs propres créateurs", déclare M. Bousteau. En outre, "les nouveaux riches de ces pays éprouvent la nécessité de se valorisersocialement en achetant des œuvres d'art", ajoute-t-il.

 

Partager cet article

Repost0
28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 00:00

 

« Le Lotus bleu », c’est comme un parfum d’opium et d’aventure qui flotte dans l’air. La réalité de la mégalopole moderne, n’a plus grand-chose de commun avec les aventures du reporter à la houppe mais celles-ci ont marqué l’imaginaire de beaucoup de francophones. Avec Trait-d'Union.

Les planches hebdomadaires en noir et blanc sont publiées dans le journal belge « Le vingtième siècle ». Pour la cinquième aventure du reporter, Hergé annonce que Tintin partira pour la Chine. Ne quittant que rarement son Bruxelles natal, il commence des recherches approfondies sur ce pays dont il ne connaît presque rien. Quand on lui présente un jeune peintre chinois qui fait ses études en Belgique, il trouve l’élément indispensable à la réussite du projet.

Originaire de Shanghai, Tchang Tchong-jen (Zhang Chong Ren en pinyin moderne) a étudié la peinture à l’académie des beaux-arts fondée par les pères jésuites. Petit-neveu de Ma Xiang Bo (connu en français sous le nom de père Joseph Ma), fondateur de l’université de Fudan, il s’intéresse à la politique et souhaite la fin des concessions étrangères en Chine. Il part pour étudier à Bruxelles, le 23 Septembre 1927, jour de l’ « incident de Manchourie » qui précède l’invasion japonaise de la Chine du nord. Ajoutant les caractères chinois dans le décor, il contribue à recréer l’atmosphère de la ville et y intègre des slogans politiques de l’époque, comme la suppression des traités inégaux, sur des éléments du décor.

S’il aide au dessin, Tchang intervient aussi dans le scénario. Les étrangers (anglo-saxons) y sont vus comme racistes et exploitant du peuple chinois misérable. Les autorités des concessions sont compromises avec les Japonais qui intriguent pour envahir la Chine. L’album intègre aussi des éléments d’actualités comme l’invasion nippone, le départ du Japon de la société des nations et le trafic de l’opium, même si la vision qui nous en est offerte est parfois réductrice. Ayant grandement contribué à l’œuvre, Tchang repart à Shanghai en 1935, avant même la publication.

 

noir_et_blanc.jpg
Soldat anglais chargé de corriger Tintin (Lotus Bleu version ancienne)
Casterman

 

 

couleur.jpg
La même scène, les soldats sont devenus des Sikhs (Lotus bleu version moderne)
Casterman

 

L’introduction de la couleur accentue encore l’atmosphère

L’album « Le Lotus bleu » sort en 1939. Le titre de l’album et sa couverture sont inspirés du film d’Orson Wells « Shanghai Express » qui sort à la même époque. La bande dessinée est toujours en noir et blanc, mais Hergé y ajoute quatre pleines pages en couleurs qui contribuent encore à l’atmosphère de la bande dessinée.

En 1946, Casterman impose la couleur et le calibrage des albums de Tintin à 62 pages. Les anciens albums doivent être redessinés pour le nouveau format. Hergé s’entoure d’une équipe, E P Jacobs se charge du « Lotus bleu » avant de créer les personnages de Blake & Mortimer.

On lui doit l’introduction des rouges flamboyants et des bleus profonds qui donnent une nouvelle lumière aux scènes finales dans la fumerie d’opium. Les pleines pages disparaissent au profit de grandes cases illustrant les tournants du récit, comme celle où Tintin caché derrière un rideau reconnaît le « Lotus bleu ». Certains détails jugés encombrants avec les années sont enlevés, tels ces soldats anglais ayant pour mission de corriger Tintin, qui se transforment en Sikhs, auxiliaires de la policeanglaise.

 

couleur_bar.jpg
Scène au Lotus Bleu – version moderne
Casterman

 

Malgré la distance et les années, Hergé n’oublie pas son compagnon disparu. Sans nouvelles de Tchang, il transpose sa quête dans un album, « Tintin au Tibet », qui parait en 1958 et visite Hong-Kong et Taiwan. C’est en 1981 que les deux amis se retrouvent enfin quand Zhang Chong Ren est autorisé à faire un séjour en Europe. Il continuera sa carrière de sculpteur entre la France et la Chine.

Le Lotus bleu a été publié en Chine en 1984. Pour s’adapter aux goûts chinois, les albums sont redessinés pour le format des « Lian Huan Hua », bandes dessinées traditionnelles chinoises. Publiée en deux carnets, cette édition est aujourd’hui très recherchée par les collectionneurs. Une édition très proche de la version occidentale est publiée par Casterman en Chine en 2001, retraduite en 2009. Le Lotus bleu reste le résultat d’une formidable amitié entre en un Chinois et un francophone.

Hugues Martin, Français basé à Shanghai depuis 2004 est le rédacteur du blog (en anglais) www.shanghailander.net.

Partager cet article

Repost0
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 00:00

19/01/2012 | Pierre Haski ( Rue 89).

 Nous sommes en 2013 : la Chine est devenue la première puissance économique mondiale, et bat tous les records dans l'index du bonheur... C'est de la politiquefiction, mais attention, ce scénario du roman « Les Années fastes » est sacrément réaliste, comme nous l'explique Pierre Haski de Rue89

"Les années fastes" de Chen Koonchung

Chan Koonchung, 59 ans, l'auteur de ce livre troublant, est originaire de Hong-Kong, et vit aujourd'hui à Pékin. Pour autant, son livre n'est pas en vente en Chine continentale, et se diffuse sous le manteau et sur le Web.

Ecrit en 2009, son scénario est incroyablement actuel : la Chine, écrit-il, traverse sans encombre la crise financière de 2008-2009, et profite d'une rechute brutale des économies occidentales en 2011 pour devenir la première puissance mondiale, notamment en forçant les Chinois à « acheter chinois »... Ça vous rappelle quelque chose ?

Au passage, après un mois de chaos dans le pays, le Parti communiste chinois renforce sa dictature, et, par un tour de passe-passe qui appartient à l'univers du roman et dont il serait cruel de révéler ici la nature, transforme les Chinois en non-citoyens heureux et amnésiques d'un pays prospère et respecté, entré dans son « âge d'or ».

Une poignée d'irréductibles

Tous, sauf une poignée d'irréductibles, qui tels des Astérix chinois, résistent à ce lavage de cerveau qui fait oublier tous les mauvais souvenirs du passé (le maoïsme, la révolution culturelle, le massacre de Tiananmen...), et refusent cette prospérité qui se paye cher en libertés et en morale.

Ce scénario est d'autant plus troublant qu'il est extrêmement réaliste. Tous les éléments historiques sont bien réels, les références historiques, les lieux, les personnages, les situations. La documentation est impeccable et la toile de fond respectée, ce qui rend la lecture fascinante pour toute personne un peu familière avec la Chine.

Le programme économique est même ingénieux, puisque, dans ce pays où l'épargne est massive, les dirigeants contraignent les Chinois à convertir une partie de leurs économies en achats de produits « made in China » pour relancer l'économie, sous peine de la perdre définitivement. De quoi compenser la perte des marchés d'exportation en chute libre avec l'effondrement de l'Occident...

Et là où commence la politique fiction, on reste dans un scénario orwellien qui est, là encore, du domaine du possible dans les grandes lignes. J'employais le mot « troublant » car il est convaincant : on termine ces pages, et en particulier la longue explication d'un dirigeant du Parti communiste sur la stratégie suivie, en se demandant s'il n'a pas raison, si le modèle capitaliste autoritaire n'est pas en train de gagner à la faveur de l'effondrement de sa version libérale occidentale.

Que pense réellement Chan Koonchung ? Nous lui avons posé la question lors de son passage à Paris en novembre, lors d'une rencontre organisée par Rue89 et le Centre d'études et de recherches internationales (Ceri) de Sciences-Po.

« En 2013, dans mon livre, les dissidents sont marginalisés, mais la plupart des gens sont assez heureux. C'est un paradis artificiel, mais quand vous vivez dans un paradis artificiel pendant un moment, vous oubliez qu'il est artificiel.

Pendant longtemps, les Chinois ont eu le choix entre un bon enfer et un mauvais enfer. Maintenant, le choix est entre un bon enfer et un faux paradis. Si j'étais confronté à ce choix, je choisirais le faux paradis. Vous pouvez vivre bien dans le mensonge.

Si vous regardez vers le passé, vous êtes tout le temps malheureux à mener une bataille perdue contre l'Etat. Il faut apprendre à fermer un peu les yeux et tourner le regard de l'autre côté. Autrement, vous êtes tout le temps malheureux. »

Une vision cynique mais réaliste

Ça peut sembler cynique et pas très glorieux, mais ce marché – moins de liberté, plus de prospérité – correspond peu ou prou au contrat social que les dirigeants chinois proposent à leur peuple, et en particulier à la classe moyenne émergente et aux intellectuels depuis une quinzaine d'années, depuis qu'ils ont surmonté leur grande frousse de Tiananmen en 1989.

Dans la vraie vie, ceux qui s'y refusent sont laminés, à l'image du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, qui croupit en prison, ou d'autres intellectuels dissidents comme Yu Jie qui vient de s'exiler aux Etats-Unis après des pressions et des tortures qu'il a jugées insupportables.

Chen Koonchung respecte ces hommes qu'il décrit comme « courageux », et reconnaît que le mélange de méthode douce et dure contre les dissidents ne marche « pas à 100% »... Pas plus qu'aujourd'hui le Parti communiste n'arrive à contrôler réellement l'opinion publique qui s'exprime sur Internet ou par des manifestations violentes.

Mais sur le fond, l'émergence du modèle de capitalisme autoritaire chinois, concomitant avec un réel affaiblissement du monde occidental présente aux dirigeants de Pékin une réelle opportunité de créer cet « âge d'or » imaginé par l'auteur de fiction.

Chan Koonchung relève que les mentalités ont changé en 2008, l'année des Jeux olympiques de Pékin ET de la crise des subprimes.

« Les gens ont commencé à se demander : et si l'Occident n'était pas aussi fort que nous le pensions... Et si la “voie chinoise” était la meilleure, elle a aussi ses bons côtés. »

« La Chine de demain, qui existe déjà »

Dans sa préface à l'édition française du livre, la sinologue britannique Julia Lowell analyse :

« Dans “Les Années fastes”, Chan Koonchung décrit la Chine, de demain qui, par certains aspects, existe déjà. Une Chine dans laquelle un Parti communiste dictatorial parvient à éviter la crise économique mondiale – qui a affaibli l'Occident libéral et démocratique – tout en renforçant l'attrait et le prestige du modèle autoritaire chinois, permettant ainsi au pays de retrouver la place qu'il occupait au centre du monde économique, politique et culturel, statut qu'il avait perdu au début de l'époque moderne.

Une Chine dans laquelle la majorité de la population urbaine – en dépit de la répression exercée par le Parti, sa corruption, son implacable censure de l'Histoire et des médias – semble satisfaite de ce statu quo qui offre la prospérité économique sans libertés politiques. Une Chine dans laquelle la plupart des voix discordantes ont été marginalisées ou converties. »

Vous avez dit fiction ? Ce livre est éclairant sur la dimension psychologique de la période actuelle, dans laquelle la crise financière en Occident, et l'émergence de la puissance chinoise, façonnent une nouvelle vision du monde. La fiction le dit à sa manière, sans doute aussi bien qu'un essai.


Les années fastes

Par Chan Koonchung, traduit du chinois par Denis Benejam, préface de Julia Lowell, éd. Grasset, 415 pp., 20€.

Partager cet article

Repost0
24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 00:00

23/02/2012 | Pierre Haski (rue89).

L'exposition "Ai Weiwei : Entrelacs" a ouvert ses portes au Jeu de Paume, à Paris. L'occasion pour notre partenaire rue89 de revenir sur le parcours de cet artiste "plus grand que nature".

« Etude de perspective : la tour Eiffel », 1995-2003 (Ai Weiwei)

Comment devient-on dissident ? L'exposition de l'artiste chinois Ai Weiwei à la galerie du Jeu de Paume, à Paris, répond en partie à cette question, s'agissant d'un créateur qui a passé l'an dernier trois mois en prison et reste soumis à de sévères limites à sa liberté de mouvement et de parole.

Agé de 55 ans, Ai Weiwei est un personnage plus grand que nature. A tous points de vue. Physique d'abord, avec une carrure et une barbe d'ogre ; mais surtout avec son appétit à tout embrasser, qu'il s'agisse de la photographie qu'il pratique en abondance, de l'art conceptuel qu'il maîtrise à merveille, de l'architecture à laquelle il s'est essayé plus d'une fois, du Web qu'il utilise comme une arme, et d'un goût illimité pour la provocation qui lui vaut tous ses ennuis.

Au Jeu de Paume, qui avait programmé cette exposition bien avant que son actualité judiciaire ne le propulse au devant de la scène, on découvrira le parcours initiatique d'Ai Weiwei.

Ce fils de l'« aristocratie rouge » chinoise – son père était le grand poète de l'ère maoïste Ai Qing – a vécu une partie de sa jeunesse en exil au Xinjiang, la « Sibérie » chinoise où avait été envoyée sa famille, persécutée pendant la révolution culturelle.

Les années new yorkaises

Mais en 1981, ce rescapé des années de folie part pour New York où il se trouve propulsé dans le milieu artistique underground de l'époque, un électrochoc culturel et politique de forte intensité dont il gardera la marque jusqu'à aujourd'hui.

 

ai_weiwei_ginsberg_allan_new_york.jpg
Allen Ginsberg et Ai Weiwei « zen » 
Ai Weiwei

 

Dans la salle consacrée à sa « période new yorkaise », au Jeu de Paume, on le voit avec le poète de la « beat generation », Allen Ginsberg ; on découvre la vie de squats des jeunes créateurs chinois de l'époque, comme le futur grand cinéasteChen Kaige (Palme d'or à Cannes en 1993 avec « Adieu ma concubine »), photographié au lit, ou le sculpteur chinois aujourd'hui installé en France Wang Keping, en slip au réveil.

Ai Weiwei retourne vivre en Chine en 1993 afin d'être aux côtés de son père pour ses dernières années. Il retrouve une scène artistique parallèle qui s'est développée en son absence, inspirée par les canons de l'art contemporain occidental, vivant dans la marginalité de villages d'artistes à l'extérieur de Pékin, en butte à l'hostilité officielle du Parti communiste.

Il y développe son goût de la provocation, comme cette photo inspirée du célèbre cliché de Marilyn Monroe avec sa jupe en l'air, mais prise devant le portrait de Mao sur la place Tiananmen... Il fallait oser.

 

ai_weiwei_marylin_robe_tiananmen.jpg
« Juin 1994 » (place Tiananmen) 
(AI Weiwei)

 

Il réalise également sa série du « doigt d'honneur », irrespect suprême de l'autorité, de toutes les autorités. Ça passe quand c'est la Tour Eiffel ou le Capitole à Washington, c'est gonflé, là encore, quand ce doigt est dirigé vers la porte de la paix céleste, au cœur de Pékin, sur laquelle trône toujours le portrait de Mao Zedong. Pour l'avoir « défiguré » un jour avec de l'encre, un Chinois a passé de longues années en asile psychiatrique.

 

ai_weiwei_doigt_dhonneur_tiananmen.jpg
Le « doigt d'honneur » à Mao : « Etude de perspective : tiananmen, 1995-2003 »
 Ai Weiwei

 

L'art de la provocation

J'ai rencontré Ai Weiwei en 2000, alors qu'il avait monté « Fuck off », une expo parallèle à la Biennale de Shanghai. Alors que la Biennale officielle, première percée de l'art contemporain au niveau officiel, était un exercice timide et bien raisonnable, Ai Weiwei avait réuni ses copains dans une friche industrielle pour une offre bien plus délirante.

Je l'ai retrouvé à Pékin, dans son nouvel espace, la China Arts and ArchiveWarehouse (CAAW), un centre d'art mais aussi sa résidence, dont il a lui-même dessiné les plans, l'un des grands rendez-vous de l'art contemporain dans la capitale chinoise avant l'explosion des dernières années.

Ai Weiwei était un artiste remuant, mais nullement dissident. La preuve en est sa participation, surprenante, en tant que conseiller artistique des architectes suissesHerzog & Demeuron pour la construction du « nid d'oiseau », le stade olympique de Pékin, symbole suprême du couronnement du parti communiste chinois.

Qu'est allé faire Ai Weiwei dans cette galère ? « J'aime créer », a-t-il répondu, comme s'il avait cédé à la tentation irresistible de participer à cette aventure de bâtisseur avant d'en voir l'évidente dimension politique. Ecoeuré, il s'en retirera avant la conclusion du chantier.

Mais 2008, année olympique, c'est aussi l'année du séisme du Sichuan, qui est le tournant de la radicalisation politique d'Ai Weiwei. L'artiste prend fait et cause pour les familles des milliers d'enfants morts dans les décombres de leurs écoles mal construites pour cause de corruption des officiels locaux.

Il entre alors en collision avec le pouvoir, et traverse à un moment, sans le savoir, une ligne jaune dans la tolérance du Parti communiste.

 

ai_weiwei_seisme_sichuan.jpg
Le séisme de 2008 marque la radicalisation de l'artiste : « Tremblement de terre au Sichuan, 2008-2010 »
 (Ai Weiwei)

 

D'autant que parallèlement, Ai Weiwei découvre l'outil Internet : sollicité par le portail Sina.com, il ouvre un blog et développe une pratique à la fois artistique, activiste, narcissique et provocatrice, qu'il étend ensuite sur Twitter – dont il est l'une des stars chinoises, alors que le réseau est bloqué en Chine !

La contagion du jasmin

Le couperet tombera en avril 2011, en pleine psychose des autorités chinoises face à une éventuelle contagion des révolutions de jasmin (le mot « jasmin » est bloqué en Chine sur les moteurs de recherche). Ai Weiwei est arrêté, détenu au secret, interrogé sans ménagement, avant d'être libéré trois mois plus tard et accusé de... fraude fiscale.

Le public chinois se mobilise pour aider à payer l'amende, tout comme de nombreux internautes se dénuderont en ligne lorsque Ai Weiwei est accusé de « pornographie » pour une photo dénudée...

Le pouvoir chinois est face à un cas sans précédent : un personnage à la notoriété internationale considérable (il a exposé à la Tate Modern de Londres, à la Dokumenta de Kassel en Allemagne, à New York, aujourd'hui à Paris...), au capital de sympathie non négligeable en Chine via Internet, et qui ne fait rien d'autre que de jouer sur les symboles, la dérision, l'émotion.

Voilà un homme qui ne pose pas de bombes, qui n'est pas un organisateur politique comme Liu Xiaobo, le prix Nobel de la paix emprisonné, et qui n'a pas d'autre ambition que d'ouvrir un peu plus les portes et les fenêtres de la Chine pour faire entrer de l'air frais dans les esprits.

Que faire d'un tel dissident qui ne joue plus le jeu, contrairement à une bonne partie du monde de l'art chinois qui a cédé aux sirènes du marché et à l'explosion de la cote des œuvres chinoises ? En attendant de connaître la réponse, et la suite de ses inévitables ennuis, Ai Weiwei documente sa vie et ses combats, transformés en performance artistique permanente.

DU 21 FÉVRIER AU 29 AVRIL 2012

jeu de paume

 

1 place de la Concorde
75008 Paris
Mardi de 11h à 21h.
Du mercredi au dimanche
de 11h à 19h.
Fermeture le lundi,
y compris les jours fériés.
Tél. 01 47 03 12 50

 

 

Partager cet article

Repost0
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 00:00

15/02/2012 | Claude Lely (Aujourd'hui la Chine).

  A quelques jours du Nouvel an tibétain, deux journalistes ont réussi à se rendre à Aba, théâtre de nombreux actes de détresse et de protestation contre la tutelle chinoise. Une immolation a été confirmée par Pékin samedi, une autre aurait eu lieu ce lundi.

Les témoignages sont rares, les images uniques. Jonathan Watts du Guardian et Tom Lasseter de McClatchy Newspapers ont atteint chacun de leur côté la ville d'Aba (ou Ngaba en tibétain) ces derniers jours.

A la recherche d'explications concernant la vague d'immolations de ces derniers mois qui s'est renforcé la semaine dernière, ils ont pu y observer l'omniprésence des forces de l'ordre et la détresse du clergé bouddhiste.

C'est dans cette préfecture autonome tibétaine du Nord-Est du Sichuan que 13 des 23 immolations de ces douze derniers mois ont eu lieu. La région est connue pour abriter une concentration exceptionnelle de monastère, dont celui de Kirti, à plusieurs dizaines de kilomètres d'Aba, où a eu lieu le dernière immolation rapportée, ce lundi.

Un moine de 19 ans se serait mis le feu en criant des slogans anti-chinois, avant l'intervention des forces de l'ordre, qui auraient éteint les flammes et violemment emmener le protestataire rapporte l'organisation Free Tibet.

Zone interdite

Pour rendre compte de la tension qui règne dans ces régions, entre revendications culturelles et présence intimidante des autorités chinoises, les deux journalistes ont dû voyager dans la plus grande discrétion. Il leur a fallu parcourir de longues distances sur les routes de montagne du Sichuan, cachés au sol à l'arrière de véhicules sous des sacs à dos ou des couvertures.

Comme dans d'autres régions tibétaines, l'accès à la préfecture d'Aba est de fait interdit aux étrangers. De nombreux check-point bloquent les routes : les autorités cherchent à éviter que des informations circulent dans les deux sens. Beaucoup de journalistes qui ont tenté de s'y rendre ont été bloqués à plusieurs centaines de kilomètres de la ville.

 

Aba_carte.jpg
La préfecture d'Aba, dans le Sichuan
Google Map

 

Le journaliste du Guardian a toutefois réussi à y tourner une vidéo (voir ci dessous) qui témoigne de l'encadrement policier voire militaire de ces zones.

"Des officiers de police et des fonctionnaires communistes portant des brassards rouges recherchent des yeux des manifestants potentiels. Des douzaines de paramilitaires sont assis en rangs devant les restaurants et les magasins, dans une démonstration de force intimidante", écrit-il. « Certains sont équipés de bâtons munis de pointes, d'armes semi-automatiques et d'extincteurs".

Le but est d'éviter les manifestations de masse, mais aussi les actes isolés. "Aux environs des monastères, les officiers chinois dans des camions de pompiers surveillent de près les processions des péperins, au cas où leur dévotion ne vire à l'immolation."

Le journaliste britannique observe que la question des immolations divise les Tibétains, certains les considérant comme des actes d’extrémismes. Mais il faut en craindre de plus en plus, explique un moine, alors que la pression des autorités chinoises fait perdre espoir à beaucoup de religieux.

Pour ne pas risquer de laisser s'organiser la protestation, la communication entre les différentes zones tibétaines est très limitée, provoquant la frustration de nombreux locaux, qui ont souvent des proches à Serxu, ou sur les hauts plateau de la région de Lhassa. Si le manque de liberté culturelle et religieuse est au centre des protestations, beaucoup dénoncent les « campagnes de rééducation ». Les moines sont obligés de renier publiquement le Dalaï Lama et d'affirmer leur loyauté à la Chine, sous la contrainte « d'intimidations et de menaces », confie un religieux. (Lire le reportage du Guardian)

Du desespoir à l'immolation

Tom Lasseter témoigne du profond désespoir le population, et notamment des nombreux membres du clergé bouddhiste qui vivent dans ces régions himalayennes. Il rapporte les "fréquentes visites" des "équipes de travail" chinoises dans les monastères, à la recherche de signes de mécontentement.

Les dortoirs des moines sont fouillés régulièrement, et les protestataires peuvent être violentés voire tués, explique un moine au reporter. Rares sont ceux qui acceptent de parler, mais ceux qui le font tiennent un discours grave : "Nos coeurs souffrent beaucoup, et quand la souffrance n'est plus supportable, nous nous mettons le feu ». (Lire le reportage de McClatchy)

 

bub.jpg
Tenzin Choedron, 19 ans, est morte après s'être immolée samedi 4 janvier
ONG

 

L'agence de presse officielle chinoise a confirmé la mort d'une nonne de 18 ans, qui s'est immolée par le feu samedi dans la préfecture d'Aba, et les officiels continuent d'assimiler ces actes à des tentatives de déstabilisation fomentées par « la clique » du Dalaï Lama.

A l'approche du Nouvel An tibétain, le 22 février, et de l'anniversaire des révoltes de mars 1959, Pékin a annoncé un renforcement du contrôle de la région. Des officiels jugés trop laxistes ont été évincés, et un haut-responsable de la province du Tibet a déclaré que la Chine est prête à « la guerre contre les sabotage sécessionniste »

Partager cet article

Repost0
21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 00:00

16/12/2011 | ALC.

C'est le caractère « kong » (控), un mot qui en général veut dire contrôler,
qui a été choisi comme caractère de l'année pour 2011 en Chine.

Ce mot a été choisi après les recommandations des utilisateurs d'internet, de révisions d'experts et des sondages en ligne organisés conjointement par le Centre National de Recherche et de Surveillance de la Langue, qui dépend du Ministère de l'Education, la Presse Commerciale d'Etat et le China Youth Daily, d'après un article publié dans le journal.

Deux millions d'internautes ont pris part aux procédures de sélection, d'après l'article.

« Kong », qui remplace le caractère « zhang » (涨, qui veut dire hausse des prix) choisi l'année dernière, est symbole d'une conséquence logique, puisque le gouvernement a lancé cette année une politique macro-économique adaptée destinée à maintenir les hausses de prix sous contrôle, selon un communiqué publié par les organisateurs.

Kong peut s'utilise d'autres manières : "Weibo kong" désigne les "Twitteratis" chinois, ce qui justifie un peu plus sa désignation.

A Noter que « shangbuqi » (伤不起), « trop délicat pour supporter un choc » a été élu phrase de l'année (en référence à la sensibilité du public pour les problèmes sociaux), et « crise de la dette de l'Euro », l'expression internationale de l'année.

 

Partager cet article

Repost0
t>