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Bonjour à tous,

Le collectif " a fleur de temps « travaille sur un nouveau projet

Texte libre

2022 Ensemble 
Année du Tigre d'eau

Le Tigre

Courageux et indépendant.

 

Né pour commander,

il déteste obéir.

Donnant une impression de

largeur de vue et de tolérance,

il est en fait très personnel

et même souvent dur.

Il a un assez mauvais caractère.

Son courage est souvent

de l’inconscience car il a un

très grand goût du risque.

Il a le souci de sa réputation

et apprécie que l’on dise

du bien de lui.

Aimant à se mettre en avant,

il risque, s’il n’y prend garde,

de se faire des ennemis.

Il lui plaît d’agir en grand seigneur

sans trop faire attention au détail,

et là aussi,

il encourt les critiques.

Mais s’il sait tenir parole,

il peut retrouver le respect qu’il mérite.

Son caractère est généreux

et il est capable pour les autres

de tous les sacrifices,

mais il est rarement payé de retour.

 

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Yi Jing


Le Yi Jing


(Le classique des mutations) est une aide précieuse lorsque vous désirez faire le point sur une situation, recevoir un avis ou un point de vue différent, faire un choix, connaître le moment approprié pour une action, savoir quelle attitude adopter.

Fondé sur la constatation que le changement est la seule chose certaine, et que toute situation évolue en fonction de son  rythme propre, en captant le moment où vous vous situez. Le Yi Jing répondra à toutes vos questions en vous donnant la meilleure stratégie à adopter

 

Tél: 06 85 80 47 50

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Qi GONG

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Paysage 

 

Feng Shui Sensitif

 

Vallée  de l'Arberoue

(prés d'Hasparren)

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Grottes d'Isturitz

 Tél: 06 85 80 47 50

 

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Passage 2016

Dragon d'Argent

Dragon de feu

Fred et Isabelle

Dragon d'eau

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 00:00

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 00:00

Chine information 02/12/11

C'est souvent par des panneaux d'affichage que les habitants ouïghours de Kashgar, au Xinjiang, découvrent le programme des travaux de réhabilitation de leur quartier.

C'est souvent par des panneaux d'affichage que les habitants ouïghours de Kashgar, au Xinjiang, découvrent le programme des travaux de réhabilitation de leur quartier.EMMA TASSY

Anthropologue et directrice de recherche au CNRS, Elisabeth Allès dirige actuellement le Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine (CNRS-EHESS, Paris). Ses recherches portent sur les minorités musulmanes en Chine et les relations entre l'État et la religion à travers la situation des musulmans de langue chinoise (Hui) et de langue turque (ouighour).

Comment se définit l'État-Nation chinois ?

Pour penser l'État-Nation, le Parti communiste chinois a eu un double héritage, celui de Sun Yat-sen et de la nation chinoise formée de cinq peuples – les Han et ceux des frontières (Mandchou, Mongol, Musulman et Tibétain) – et le modèle soviétique de la nation (une communauté stable, une histoire, une langue, une vie économique, une culture). Il faut aussi prendre en compte l'expérience même du Parti Communiste Chinois. Durant la Longue Marche, les communistes vonttraverser des territoires où résident des minorités et se battre avec ces populations dont ils découvraient l'existence. Donc il fallait bien penser à des solutions pourreconnaîtrerallier et intégrer ces populations dans l'ensemble chinois. En 1949, leParti Communiste Chinois conçoit l'État chinois comme un État multinational. Il y a aujourd'hui 56 nationalités : 55 minoritaires et une majoritaire, les Han. Détail qui ne facilite pas les choses : en chinois, c'est le même mot (minzu) qui signifie Nation, nationalité, national. Donc la Chine est constituée de 56 minzu qui composent le grand minzu Chine (Zhonghua minzu).

Quel est le statut des nationalités minoritaires ?

Lors du recensement de 1953, une vaste enquête ethnographique a été lancée dans toute la Chine pour identifier les minorités. Sur les 400 groupes distingués sur une base locale par les chercheurs et les responsables de l'époque, des regroupements ont été organisés pour arriver à 53 nationalités minoritaires (shaoshu minzu). Au début des années 80, deux nouvelles nationalités ont été reconnues. Ces 55 nationalités minoritaires ont donc un statut différent de la majorité Han, qui compose 91% de la population.
Ce statut s'est d'abord accompagné d'un dispositif administratif spécifique formé de districts, de préfectures et de cinq régions autonomes. Il permet aux minorités d'avoir une représentation politique locale, des avantages à l'entrée à l'université (points supplémentaires), le respect de la religion et de la culture et, depuis les années 80, l'autorisation de ne pas appliquer la politique de l'enfant unique. Il faut toutefois sur cet aspect ajouter une précision : si les minorités peuvent avoirjusqu'à trois enfants, elles sont en revanche, lorsqu'elles résident dans les villes de l'est du pays, soumises de la même façon que les Han à la politique de l'enfant unique.

Ce statut est-il dans l'ensemble respecté ?

De manière générale, en dehors des situations particulières du Tibet et du Xinjiang où il existe des restrictions, il y a un respect des pratiques religieuses. Je donnerai un simple exemple : il est impossible d'ouvrir des écoles de langue arabe (ayu xuexiao) au Xinjiang, alors qu'il en existe de très nombreuses dans la Chine intérieure, avec parfois 100 à 300 élèves qui apprennent l'arabe et des rudiments du Coran. Au Xinjiang, un imam peut avoir un ou deux étudiants avec l'autorisation des responsables politiques locaux. Donc là, pour le cas du Xinjiang, on a une réduction de l'espace du religieux. On pourrait trouver aussi des exemples pour le Tibet. Sur la question de l'entrée à l'université, lorsqu'il s'agit de minorités (comme les Huis) qui parlent la langue commune (putonghua), il n'y pas de problème. Mais lorsqu'il s'agit de Tibétains, de Ouighours, de Mongols ou d'une autre minorité qui ont été scolarisés dans une école primaire où on ne parlait principalement que la langue de la minorité concernée, se pose alors la question de l'accès aux examens, qui eux sont essentiellement en chinois. Et donc se pose le problème de la scolarisation. En primaire, il n'y avait que trois heures de chinois par semaine. Au Xinjiang, à la suite des événements de 2009 à Urumqi, le gouvernement a décrété l'établissement du bilinguisme (shuangyu) dans les écoles. On peut espérer que cela permettra plus tard aux jeunes Ouighours de trouver du travail. Mais bien sûr le doute existe quant à l'application d'une telle mesure. Dans les villes où il n'y a que des Ouighours et pas de Han, apprendre le chinois s'avère compliqué, et tout va dépendre de l'enseignant. Ce que j'ai pu entr'apercevoir, c'est la tentative de fusion de classes en chinois et en ouighour. On tâtonne encore mais l'objectif est que les jeunes ouighours parlent le chinois. En contrepartie, les fonctionnaires chinois sont officiellement sollicitéspour apprendre le ouighour.

Comment l'Etat-Nation chinois se construit-il aujourd'hui ?

Depuis 1911, l'histoire récente montre que l'État-Nation "Chine" est toujours en construction. A l'époque, il a fallu penser la Chine non plus comme un empire multiculturel mais comme une Nation. Ce qui pose aujourd'hui la question de la place des minorités en particulier pour celles comme les Tibétains, les Ouighours ou les Mongols qui, supportent de plus en plus mal la pression de Pékin et leur manque de véritable autonomie. Bien qu'en nombre peu important par rapport à la masse chinoise han, les nationalités minoritaires sont situées aux frontières de la Chine dans des espaces géostratégiques extrêmement sensibles. Donc les autorités sont obligées de prendre en compte les populations de ces frontières. Elles les ont dotées d'institutions politiques officiellement autonomes mais en réalité sous le contrôle du gouvernement central. La situation est bien différente de celle des Soviétiques, qui avaient formé les partis communistes des Républiques avec les autochtones, "ouzbékisé" le PC ouzbek, "kazakhisé" le PC kazakh, etc... Au Xinjiang en revanche, les responsables administratifs peuvent être ouighours au niveau de la Région Autonome, mais les responsables du Parti sont toujours han.

La Chine assume-t-elle son multiculturalisme ?

Dans l'esprit du PCC, la construction des nationalités implique la reconnaissance d'une égalité entre les nationalités. Mais en réalité, les Hans sont considérés comme la population la plus évoluée et la plus moderne, et il a fallu trouver une manière de renforcer l'idée d'une unité han. Les minorités ont servi cette volonté par une représentation très folklorisée de populations minoritaires "sous-développées" contrastant avec des populations Han "développées". Si l'on regarde les formes touristiques actuelles, on va visiter les minorités nationales dans des villages reconstitués soi-disant Miao, Yao ou autre. Sur un mode de pensée évolutionniste, les touristes citadins vont voir comment les populations vivaient jadis et "vivent aujourd'hui", alors qu'en réalité elles résident désormais dans des immeubles de la ville d'à côté comme tout le monde ! Donc dans ce rapport entre moderne, ancien et "sauvage", les minorités servent à la construction de la modernité han. On se définit par rapport à l'autre, un autre qui est interne à la Chine. Pour l'instant, cette folklorisation permet aux populations de profiter un peu des mannes du développement, même si cela a pour effet d'idéaliser et de figer des"traditions" culturelles.

Qu'est ce que la politique de Développement du Grand Ouest ?

Elle concerne les régions qui partent du sud vers le nord, du Guizhou à la Mongolie. Le but était de rééquilibrer l'ensemble des subventions, entre l'est du pays et sa partie côtière et l'ouest-nord-ouest qui n'avait pas bénéficié de cette aide au développement. Il y a donc une volonté de cohésion nationale en ne laissant pastomber la moitié de la Chine, alors que l'est s'est largement développé. En 2000, on débloque donc à la fois des subventions de l'État tout en essayant de faire financer des projets d'industrialisation dans l'ouest par des entrepreneurs de l'est. Premier impact que l'on peut repérer : le développement des villes moyennes, à la fois dans ces régions mais aussi dans le centre de la Chine, ce qui va parfois permettre vers la fin de la décennie de rapprocher certains migrants de leur région d'origine. Mais aujourd'hui, se pose le problème des ressources naturelles : l'eau, le pétrole… On a l'impression d'être comme dans une situation coloniale, où l'on utilise les ressources de l'ouest pour les acheminer vers l'est. Or les populations locales veulent à présent bénéficier de ces ressources au profit de leur propre région. Ce qui laisse présager des moments de crispation avec les populations locales, en particulier aux environs des sources d'eau comme au Tibet ou au Qinghai…

Comment voyez-vous l'avenir ?

Pour ce qui concerne les régions autonomes, on est dans une tension très forte entre une demande locale d'autonomie et un État qui veut contrôler davantage l'ensemble de son territoire. C'est un problème qui ne concerne pas seulement les minorités mais aussi l'ensemble des populations de Chine dans la mesure où l'État chinois supporte mal toute forme de contestation ou d'opposition (cf. les nombreuses arrestations de blogueurs, d'avocats et d'artistes ces derniers mois). Dans l'état actuel de la situation, le gouvernement chinois n'est pas prêt à adopterune position plus souple. Pour le moment, on a donc un double mouvement avec d'une part une migration han importante dans l'ouest et le nord-ouest, et d'autre part des jeunes de ces régions qui sont obligés de partir vers l'est du pays pour pouvoirtravailler. A travers ces migrations, on assiste de fait à une forte tendance à"haniser" les régions frontalières et leurs populations.

Propos recueillis par Emma Tassy

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 00:00

 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 00:00

 Benjamin Gauducheau (Aujourd'hui la Chine). 

Peuplée à près de 90% de Ouigours, Kashgar, étape majeure de l'ancienne route de la soie constitue encore aujourd'hui le point culminant de toute visite au Xinjiang, malgré les destructions et la sinisation forcée orchestrée par Pékin.

Le bazar de Kashgar - crédit: Benjamin Gauducheau

Quand vous arrivez à Kashgar, bus et panneaux vous préviennent: "Si vous n'êtes pas allés à Kashgar, vous n'êtes pas allés au Xinjiang". Destiné aux touristes, ce slogan un peu prétentieux semble pourtant parfaitement résumer la situation.

Située à l'extrême ouest de la Chine, à quelques heures de voiture seulement duPakistan et du Kirghizistan, Kashgar est une ville d'histoire. Du fait de sa situation géographique, cet oasis a été le point de rencontre des routes de la soie du Sud et du Nord pendant deux mille ans, situé après la traversée du désert de Taklamakan à l'Est, et après les hautes montagnes du Pamir à l'Ouest.

C'est également la ville la moins "hanisée" de la région. Contrairement à Urumuqi, peuplée majoritairement par des chinois Han, la population de Kashgar est encore composée à 90% de Ouïgours.

Une caractéristique démographique qui se ressent: lorsque vous visitez la ville, le mandarin que vous avez peut-être péniblement appris ne vous sera presque d'aucune utilité pour demander votre chemin ou l'adresse d'un bon restaurant.

A Kashgar, on évolue dans une ambiance très différente des villes à majorité Han (y compris Urumqi et Turfan). De toutes parts émanent des odeurs de mouton grillé alors que des femmes voilées et des hommes coiffés du chapeau traditionnel ouïgour évoluent dans des rues animées où résonne de la musique locale beaucoup plus proche des gammes arabes que de la pop chinoise qui fait vibrer le reste du pays.

Mais ce bastion de la culture ouïgour est menacée par les plans du gouvernement central, qui a décidé de moderniser la ville et de la refaire à son image.

Depuis plusieurs années, un processus de destruction du quartier historique est à l'oeuvre, officiellement car ces bâtiments ne sont pas aux normes sismiques. En fait, il s'agit, selon beaucoup d'observateurs, de détruire le tissu social existant afin d'affirmer la domination de Pékin, remise en cause par beaucoup de Ouïgours. Pour se rendre compte de l'ampleur de cette destruction massive, il suffit de regarder la carte ci-dessous, établie en 2010 et publiée par le site farwestchina.

 

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Ce qu'il reste de la vieille ville de Kashgar
farwestchina

 

Dans cette optique, le gouvernement a d'ailleurs fait de Kachgar une nouvelle Zone Economique Spéciale, ce qui entraîne de nouvelles destructions et la construction de nombreuses tours résidentielles à la périphérie pour loger les Han incités à venir de l'intérieur du pays pour s'y installer.

L'ambiance unique de Kachgar n'en a donc peut-être plus pour très longtemps. Mais en attendant que la ville toute entière se mette à ressembler à la banlieue de Pékin, il reste un certain nombre d'endroits à visiter.

La Mosquée et la place centrale

 

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C'est la plus grande mosquée de Kashgar, et la plus grande de Chine. Cette « mosquée du Vendredi » peut abriter jusqu'à 10 000 fidèles, et se situe sur la place centrale de la ville très animée du matin au soir.

La vieille ville

 

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crédit: Benjamin Gauducheau

 

Bien que détruite en grande partie, la vieille ville de Kachgar résiste encore par endroit, avec son architecture traditionnelle en terre cuite et en bois et ses magnifiques portes colorées. L'ambiance y est détendue, et les enfants y jouent librement toute la journée.

Le bazar

 

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crédit: Benjamin Gauducheau

 

Fruits secs et épices, tapis, objets d'artisanats et autres babioles: on trouve de tout dans le bazar de Kashgar, où l'on peut se promener des heures durant dans cette incroyable concentration de sons, de couleurs et d'odeurs.

Aux abords de Kashgar

 

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crédit: Benjamin Gauducheau

 

Kashgar est le point de départ idéal de ballades et de randonnées en montagne. Parmi tous les possibles, on citera le lac Karakouli. Situé sur l'autoroute qui relie Kashgar au Pakistan, cet immense lac est situé à 3600 mètre d'altitude et dominé par des sommets de plus de 7000 mètres. Un décor somptueux où, si la saison le permet, on peut se loger dans des yourtes prévues pour les touristes.

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:00

29/11/2011 | Jeanne Perray (Aujourd'hui la Chine).

 Les grèves se suivent dans les usines chinoises et les revendications se ressemblent. Mauvaises conditions de travail, heures supplémentaires non payées, salaire trop bas... Les sous-traitant de Nike, d'Etam, d'Apple ou d'IBM sont les premiers d'une liste destinée à s'allonger.

"Il y a des grèves tous les jours dans le Delta de la rivière des perles", explique Geoffrey Crothall, le porte-parole de l'ONG China Labour Bulletin à Hong Kong, un organisme qui défend les droits des travailleurs chinois. "Il y a une concentration d'activisme côté travailleur parce que ces travailleurs n'ont aucun autre moyen d'exprimer leurs griefs : il leur est impossible résoudre le problème par un dialogue pacifique car les syndicats ne sont d'aucune efficacité : ces grèves, c'est le seul moyen qu'ils ont de forcer leur usines à faire des concessions".

Et pour cause : au cours des deux dernières semaines, plus de 10 000 ouvriers de différentes usines confondues se sont mis en grève.

Lundi 21 novembre, 700 employés de l'usine taïwanaise Jingmo Electronics qui fabriquent des claviers d'ordinateurs pour Apple et IBM ont cessé le travail. Le lendemain, c'est au tour de 400 ouvriers de l'usine de sous-vêtements Shenzhen Top For Underwear de se mettre en grève. Fin octobre, ils étaient 1178 chez le fabricant japonais de montre Citizen à tenir tête à leur patron pour obtenir la rémunération de 40 minutes de présence quotidienne supplémentaire imposée mais non payée depuis plusieurs années.

La manifestation la plus importante a cependant eu lieu à Dongguan. 7000 employés de l'usine de chaussures Yucheng Footwear Factory, un sous-traitant de Nike et d'Adidas, sont ainsi descendus dans la rue pour protester contre l'annonce de 18 licenciements, une baisse de leurs salaires, ainsi que la suppression de leur temps de travail supplémentaire, laissant aux employés un maigre salaire de base. Une douzaine de travailleurs a été blessée par la police et envoyée à l'hôpital.

Des conditions de travail qui se détériorent avec la crise européenne

La crise de la dette en Europe et une situation économique difficile aux Etats-Unis entraînent depuis plusieurs mois une chute spectaculaire des commandes dans les usines chinoises travaillant pour l'exportation. Dans la province du Guangdong (sud-ouest) par exemple, ces dernières ont plongé de 9% le mois dernier ! L'activité manufacturière chinoise enregistre actuellement sa plus forte chute depuis mars 2009, tandis que l'inflation a stagné à 5,5% le même mois. "L'économie chute et ce sont les travailleurs qui font les frais de ces pertes" s'insurge Geoffrey Crothall. "Ils ne peuvent pas le supporter!".

"De très nombreuses entreprises veulent en conséquence délocaliser vers l'intérieur du pays où la main d’œuvre coûte beaucoup moins chère", analyse Li Qiang, le fondateur de l'ONG China Labor Watch, basée aux Etats-Unis. "Il y a beaucoup d'anxiété parmi les travailleurs : ils ont peur que leurs usines ferment et qu'ils soient virés sans compensation. Ils sont anxieux de savoir où leurs usines vont être relocalisées. Tout ça ajoute au sentiment de malaise", renchérit Geoffrey Chrothall.

Les patrons chinois de ces usines sont donc loin d'être tiré d'affaires … Les statistiques de la fédération des industries de Hongkong prévoient qu'un tiers des 50 000 usines chinoises appartenant à des industriels de l'ancienne colonie britannique pourrait fermer et licencier en masse d'ici janvier.

Étrangement, il n'existe pas de statistiques concernant le futur des usines chinoises qui produisent des biens à destination du marché intérieur. A croire que celles-ci ne sont jamais en grève…

"Je pense que les grèves dans les compagnies qui travaillent à destination du marché intérieur se ressoudent plus rapidement pour une raison très simple" explique Geoffrey Chrothall, "c'est parce que le gouvernement opte pour une ligne beaucoup plus dure contre ces travailleurs". Voilà pourquoi, nous n'en entendons jamais parler …

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 00:00

 

l'art martial traditionnel chinois, le taï-chi-chuan est parfois appelé « relaxation active ». Accessible à tous, voici une façon tout en douceur d'entretenir sa forme.

          Contemplez dans les parcs ces étranges ballets au ralenti. Déjà, simple spectateur, vous vous sentirez gagné d'une sorte d'apaisement. Attendez une quarantaine de minutes la fin de l'exercice et demandez à chaque membre du groupe de taï-chi-chuan quels bienfaits il en retire. « Moi qui suis très frileuse, je ressens une chaleur, même lorsque je pratique en plein hiver dans la clairière près de la maison », affirme Nicole, jeune retraitée qui, désormais, essaie d'y consacrer une plage de temps quotidienne. « Le stress engendré par une semaine de travail disperse mes idées. Pendant ma séance hebdomadaire, ma nervosité disparaît peu à peu et j'ai l'impression que tout se remet bien en place dans ma tête : l'important se détache de l'accessoire », reconnaît pour sa part Jean-Claude, directeur des ressources humaines dans une grande entreprise automobile. Quant à Alice, réaliser ces gestes relève de la méditation et lui procure en même temps le plaisir de participer à un spectacle d'une grande force esthétique. Et c'est tout cela, le taï-chi-chuan, cet art ancestral chinois dont la pratique doit permettre de trouver en soi l'harmonie et l'équilibre, le « tao ».

James Kou, né à Shanghaï en 1923, est l'un de ceux qui ont « importé » le taï-chi-chuan en France. Son école parisienne dispense un enseignement dans la plus pure tradition. Celle-ci serait née, au début du XVIIe siècle, dans la province chinoise du Ho-Pei, du génie d'un paysan, Yang Lou-ch'an, élève du maître Chen Wang-tin, codificateur d'un premier taï-chi-chuan, lui-même dérivé de pratiques ancestrales. Autant dire que la forme actuelle du taï-chi-chuan est le résultat d'un travail qui se perd dans la nuit des temps. James Kou souligne que son origine est d'abord martiale – taï-chi-chuan se traduit littéralement par « boxe du faîte suprême » –, même s'il est aujourd'hui une pratique de santé (de « longue vie ») à la portée de tous. En effet, chacun peut apprendre les 85 mouvements que compte l'enchaînement, quels que soient son âge et sa condition physique.

De la patience et de la constance, certes, il en faut : la suite des enchaînements, divisée en trois parties, requiert un minimum de trois ans d'apprentissage. S'exercer chez soi entre deux cours hebdomadaires est indispensable si l'on veut « digérer » les lents mouvements circulaires. Chaque détail compte et chaque partie du corps fait l'objet d'une attention particulière. Selon le taï-chi-chuan, le corps se compose de cinq arcs : les deux jambes, les deux bras et le torse. Étirements, ondulations ou rotations activent les arcs et créent à la fois une tension et un relâchement qui doivent s'équilibrer – c'est le principe même de la pensée chinoise basée sur le « yin » (détente) et le « yang » (action). « Quand une flèche est libérée, l'arc, la corde et la flèche produisent une détente et une certaine vibration », résume joliment Leonardo Bernardi, professeur à Bruxelles. S'attachant à la moindre position des poignets, des doigts ou du cou, et toujours perfectible, la pratique tend à une harmonie qu'une vie entière n'épuisera pas. Elle illustre ainsi parfaitement le dicton chinois :« Le plus important n'est pas le but mais le chemin. »

L'effort d'apprentissage a d'indéniables contrepoints, heureux moteurs à l'exercice – ne serait-ce que le simple plaisir de s'abandonner à la poésie imprégnant le nom de chaque mouvement : « Emporter le tigre dans la montagne » ou « La grue prend son envol »… L'immédiat bénéfice physique de cette gymnastique douce n'est plus à démontrer. Les spécialistes de la physiologie, de la neurologie ou de la gérontologie s'accordent sur le fait que le taï-chi-chuan améliore les fonctions cardio-vasculaires, la force musculaire, la coordination des mouvements et la respiration. Nul besoin d'un équipement sophistiqué : seuls les vêtements serrés et les talons hauts sont proscrits. La pratique n'exige pas de lieu particulier : une surface plane de 15 m2 suffit, le plein air est recommandé. Toutes choses contribuant à rendre le taï-chi-chuan accessible à toutes les bourses et toutes les constitutions. Âgé aujourd'hui de 88 ans et ne professant plus depuis quelques années, James Kou n'en continue pas moins sa pratique, digne témoin des bienfaits de son art.

 

 

BAZANTAY Laure (La Croix 29/10/2011)

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 00:00

« Black Blood » : un film chinois s'attaque au scandale du sang contaminé

Vendre son sang pour survivre et finir par en mourir. C'est la tragique mais authentique histoire de milliers de paysans pauvres du Henan, auxquels Miaoyan Zhang consacre un film. Notre partenaire rue89 est partenaire de sa sortie en France.

Il est des vérités qui ne passent pas. Même en Chine, face à un des Etats les plus puissants au monde. Le « scandale du sang contaminé » chinois, né dans les années 90 des appétits financiers d'officiels chinois, a d'abord fait l'objet d'enquêtes journalistiques, d'un roman, et, aujourd'hui, d'un film de fiction, sorti ce mercredi en France.

« Black Blood », du réalisateur chinois Miaoyan Zhang, ne sera pas vu par le public chinois, sauf dans des circuits parallèles forcément limités. Ce film – qui était présenté à Cannes dans la programmation indépendante de l'Acid – montre une vérité dérangeante, l'envers du décor du miracle chinois, que les bénéficiaires de la croissance des trois dernières décennies n'ont pas envie d'entendre.

Comme des centaines de milliers de paysans pauvres, dans les années 90, Xiaolin a commencé à vendre son sang pour gagner quelques dizaines de yuans (quelques euros) indispensables pour améliorer la vie misérable de sa famille sur une terre ingrate. Des prises de sang à un rythme de plus en plus fréquent, compensées par des bols d'eau, devenus une véritable obsession pour rester solide.

Cette manne d'argent facile, sans se soucier de sa santé, se transforme en véritable addiction, en tourbillon de folie jusqu'à ce qu'un virus s'introduise dans le circuit du sang et sème la mort : le VIH.

Le personnage de Xiaolin a existé à grande échelle dans la province chinoise du Henan, au centre du pays, un territoire de quelque cent millions d'habitants, dont beaucoup de paysans pauvres.

J'ai enquêté, pour Libération à l'époque, dans les « villages du sida » du Henan au début des années 2000, lorsque les paysans qui avaient vendu leur sang quelques années plus tôt ont commencé à développer la maladie et à mourir par milliers.

Vent de folie

J'ai recueilli leurs témoignages la nuit, en échappant à la vigilance des dirigeants locaux, sur le vent de folie qui s'est emparé de leur région lorsque des cadres peu scrupuleux du Parti communiste, dont certains ont poursuivi de grandes carrières jusqu'au Bureau politique, ont lancé le business du sang.

Un paysan m'a raconté :

« Un homme ne pouvait pas se marier s'il ne vendait pas son sang pour gagner de quoi construire une maison, faire vivre une famille. Nous vendions notre sang tous les jours aux stations fixes ou itinérantes. »

Des milliers de paysans, sans doute des dizaines de milliers, on ne saura jamais, sont morts dans le dénuement et des souffrances atroces avant que les autorités ne consentent à reconnaître qu'il y avait eu désastre, et n'autorisent quelques soins, souvent chaotiques et détournés.

Le tout dans une impunité totale : personne n'a été sanctionné ou jugé pour ce désastre qui, en termes humains, est l'un des plus lourds depuis l'apparition du sida dans les années 80. Et plus personne n'en parle aujourd'hui, certains des activistes engagés dans la défense de ces victimes ayant dû s'exiler.

Un film exigeant

Cette histoire authentique est la toile de fond de « Black Blood », qu'il faut avoir à l'esprit quand on s'apprête à passer deux heures avec Xiaolin et sa femme.

C'est un film exigeant, grave, d'une esthétique sans concessions en noir et blanc, qui nous conduit pas à pas vers le désastre annoncé.

 

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L'affiche du film
...

 

Maoyan Zhang, dont c'est le deuxième film après « Xiaolin Xiaoli », en 2007, poursuit une veine qui était celle du cinéma indépendant chinois, forcément underground, des années 90 et du début des années 2000 : une fresque sociale de la Chine en pleine transformation, loin des centres urbains qui en mettent plein la vue.

Puis, les uns après les autres, pas tous toutefois, les réalisateurs de cette nouvelle génération ont commencé à regarder du côté de la classe moyenne urbaine, du côté des nouvelles problématiques de la société urbaine, plus individualistes, moins sociales.

A la fois pour répondre aux attentes du « marché », mais aussi parce que les préoccupations sociales leur semblent moins pressantes dans la superpuissante Chine des années 2010.

Pour toutes ces raisons – la vérité historique sur le scandale du sang, l'œuvre cinématographique intransigeante, la fidélité aux engagements sociaux –, « Black Blood » est un film important.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 00:00

16/11/2011 | ALC. 

Appartements invendus, baisse des prix, et ralentissement de la construction : les indicateurs sont au rouge, et font craindre un effondrement de ce marché "vache à lait" de l'économie mondiale.

Que se passerait-il si le marché de l'immobilier Chinois s'effondrait ? C'est la perspective qui affole les financiers de la planètes depuis que ce pilier de l'économie mondial montre des signes de faiblesse.

Le nombre d'appartements invendus à Pékin a dépassé 120.000 au mois d'octobre, son plus haut niveau en 29 mois, selon des chiffres officiels rapportés vendredi le Xinjing Bao.

C'est tout un secteur qui a le moral en berne : d'après une enquête de Home Link China, 177 agences ont fermé au mois d'octobre à Pékin, suite à une chute du nombre de transactions.

Problème mondial

Le problème pourrait rester local si la construction de logements en Chine ne constituait pas un cinquième des investissements mondiaux, rapporte l'AFP.

Le scénario d'un ralentissement prononcé de ce marché inclus un effondrement des matières premières, ciment, aluminium et acier en premier lieu, et éventuellement une contagion à toute l'économie mondiale. Pourrait par exemple subir directement cette tendance le secteur de l'électroménager, très dépendant du marché de l'immobilier neuf.

Pour le moment, la chute est contenue et a seulement des effets en interne : 10% de baisse des ventes d'après l'agence de notation Standard & Poor's, plus de 15% pour Yao Wei, économiste spécialiste de la Chine pour la Société Générale.
Certains attendent du gouvernement des mesures pour empêcher un effondrement, un plan de relance comme celui que Pékin avait mis en place en 2008.

Pour amortir le choc de la crise, le gouvernement avait alors insufflé plus de 460 milliards d'euros dans son économie et baissé le prix du crédit, une des raisons pour lesquelles l'immobilier s'est envolé ces dernières années.

Acheteurs patients

Aujourd'hui, le premier ministre Wen Jiabao entend attendre que les prix « redeviennent raisonnables » et fait de l'inflation sa priorité, répondant ainsi à de nombreuses protestations des Chinois contre l'envolée du coût du logement. Ces deux dernières années, l'immobilier dans les 70 plus grandes villes du géant de l'Est avaient augmenté de 12,8% par an.

A l'inverse, on avait pu voir à Shanghai des propriétaires se plaindre violemment de la baisse des prix qui faisait chuter la valeur de leur bien neuf. L'un des facteurs de cette crise est d'ailleurs la timidité des acheteurs potentiels, qui attendent que les prix aient touché le fond pour investir.

Pas de plan de relance en vue, et les analystes prévoient une accentuation de la baisse dans les prochains mois, voir les prochains trimestres. Pour les plus optimistes, l'immobilier chinois, jusqu'alors « vache à lait » de l'économie mondial, restera dynamique, dans un pays à la croissance soutenue et aux réserves financière importantes.

 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 00:00

31/10/2011 | Pierre Haski (rue89).

Sortir son portefeuille ou pas ? La question est complexe pour Pékin. Notre partenaire rue89 explique ce que la Chine veut obtenir en sortant l'Europe de l'ornière.

L'Europe a-t-elle sacrifié son indépendance en se tournant vers la Chine pour sauver la zone euro, comme l'ont affirmé aussi bien François Hollande queFrançois Bayrou ou Daniel Cohn-Bendit ? La question mérite d'être posée en termes moins simplistes.

Hu Jintao, le numéro un chinois, n'a sans doute pas pu s'empêcher d'avoir un grand moment de jouissance lorsque Nicolas Sarkozy l'a appelé, jeudi, pour l'informer des résultats du sommet européen de Bruxelles.

Son objectif ? Accorder un répit à la Grèce et au delà, à la finance mondiale, en incitant son interlocuteur à investir dans le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le même Sarkozy qui lui donnait des leçons il y a trois ans sur le Tibet, et s'affichait avec le dalaï lama, la bête noire de Pékin.

Dès jeudi soir, le président du FESF, Klaus Regling, arrivait à Pékin pour des entretiens avec les officiels chinois. Et, selon le Financial Times de vendredi, la Chine pourrait investir 35 à 70 milliards d'euros, voire plus, dans le FESF. A quel prix?

1. Obtenir des contreparties tous azimuts

Les échanges publics sont polis et vagues. Mais qui peut croire que la Chine ne posera pas ses conditions, explicites et implicites, pour l'octroi de cette aide dont l'Europe, affaiblie, a cruellement besoin. On peut évoquer :

- L'octroi du statut d'économie de marché à la Chine. Pékin doit obtenir ce statut en 2016 selon les termes de son adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), mais demande que la date soit avancée. L'Union européenne a jusqu'ici refusé, car ce statut offrirait de meilleures garanties d'accès aux produits chinois sur le marché européen, en les mettant à l'abri de clauses antidumping.

Arrêt des pressions sur la valeur du yuan, la monnaie chinoise, dont la sous-évaluation est régulièrement dénoncée à Washington comme à Bruxelles.

Plus de rigueur dans la gestion des économies européennes, sous contrôle du FMI.

Arrêt des pressions sur les sujets politiques sensibles pour Pékin comme les droits de l'homme en Chine, le Tibet, Taïwan, etc.

Levée de l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine: promis par Jacques Chirac et Gerhard Schröder, la levée de cet embargo, héritage du massacre de Tiananmen en 1989, s'est heurté à l'absence de consensus européen. Pékin le vit comme une humiliation.

Les conclusions du sommet signalent le renversement du rapport de force mondial : la vieille Europe, berceau de l'industrialisation et des empires coloniaux, appelle désormais à la rescousse les « émergents », c'est-à-dire l'ancien monde colonisé (Inde, Brésil, Chine...) pour sauver ses économies.

Le prix à payer pour l'Europe : un rapport de force moins favorable face à la nouvelle puissance chinoise, dans les dossiers qui fâchent : importations chinoises ou conceptions divergentes de la gouvernance du monde (comme l'a montré le récent veto chinois et russe sur la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU).

C'est ce qu'a dit François Hollande, le candidat du PS, lors de son passage sur TF1:
« Peut-on penser que le fait de se mettre, ne serait-ce qu'en partie, entre les mains de ces nations avec lesquelles nous avons par ailleurs à négocier sur le front monétaire et commercial nous mettra en capacité d'obtenir des résultats positifs pour l'Europe ? »

C'est ce que dénonce également l'eurodéputé Vert Daniel Cohn Bendit, qui regrette qu'au lieu de « communautariser » une partie de la dette des pays de la zone euro, on a préféré une « solution chinoise » (et russe). « Politiquement vous vous mettez dans la main de la Russie et de la Chine », a-t-il dit sur BFM-TV.

Hubert Védrine, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin, explique le nouveau rapport de force au Figaro en termes plus policés :
« Dans la mondialisation, il y a les mondialisateurs et les mondialisés. Les Occidentaux ont perdu le monopole de la puissance, de la richesse, de l'influence, de la décision. Il faut partager avec d'autres. »

2. Ne pas refaire les mêmes erreurs qu'avec les Etats-Unis

Du point de vue chinois, les choses ne sont pas simples non plus.

La Chine a investi environ la moitié de ses 3 200 milliards de dollars de réserves en devise américaine, dont une bonne partie en bonds du Trésor américain. Elle l'a fait :
- pour placer les liquidités dues à son colossal excédent commercial,
- pour donner des gages aux Etats-Unis inquiets de l'émergence de la puissance chinoise, et ainsi éviter une nouvelle « guerre froide ».

Ce faisant, la Chine a financé le déficit américain, comme le Japon l'avait fait avant elle, et s'est retrouvé sans recours lorsque la crise des « subprimes » a frappé en 2008, et menacé tout l'édifice de l'économie américaine.

La Chine n'investira pas dans les mêmes conditions pour renflouer l'Europe : elle exigera un maximum de garanties sur la réduction de la dette des pays de la zone euro, et sur la réduction des déficits.

Ironiquement, Pékin a créé sa propre agence de notation, qui a déjà privé en 2010la France de son mythique AAA...

 

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Dagong Global Credit Rating, l'agence de notation chinoise
.

 

Cet été, déjà, Pékin avait sermonné les Américains sur leur incapacité à gérer convenablement la question de leur dette, alors que la Maison Blanche et le Congrès s'opposaient sur le relèvement du plafond de la dette américaine.

Les Chinois ne supportent pas l'incertitude, et les Européens, de leur point de vue, évoluent dans une zone grise.

En 2007, la Chine avait ainsi défini sa politique de réserves :
« Nous recherchons la stabilité, la liquidité et le retour sur investissement et nous avons une politique stratégique à long terme. »

La zone euro, telle qu'elle est, répond-elle à ces critères ?

3. Ne pas alimenter la surenchère nationaliste en interne

C'est un fait méconnu en Europe, mais le pouvoir chinois doit faire face à une surenchère nationaliste, interne mais aussi extérieure au parti communiste, qui a lancé de vives critiques contre l'équipe dirigeante pour avoir investi en bons du trésor américains.

Très active sur le Web, cette aile nationaliste considère que la Chine doit utiliser ses ressources à régler ses problèmes de développement, plutôt qu'à financer le déficit des Américains, a fortiori celui des Européens sans enjeu stratégique.

Dans le Financial Times, Li Daokui, membre du Comité monétaire de la Banque centrale chinoise, le dit clairement :
« Le principal souci du gouvernement chinois est de savoir comment expliquer cette décision au peuple chinois. »

Le débat avait très chaud en 2007-2009, lors de la crise des subprimes. Le gouvernement a dû faire face à la surenchère d'une aile nationaliste.

En 2007, deux économistes chinois liés au parti communiste avaient semé l'effroi en menaçant d'employer « l'arme nucléaire » monétaire : mettre sur le marché les réserves chinoises en dollar.

Ils avaient très vite été désavoués par Pékin, mais leur message était passé. Des gens haut placés dans l'appareil du pouvoir chinois réfléchissent à de tels scénarios catastrophes.

Et ils ne risquent pas de se calmer lorsque le Congrès américain menace régulièrement la Chine de déclencher la guerre des monnaies, ou quand leur parvient les échos antichinois des campagnes électorales aux Etats-Unis, ou en France.

En répondant à l'appel à l'aide de l'Europe, Pékin devra en permanence vérifier si l'opinion publique – qui se fait entendre sur Internet malgré la censure –, n'y voit pas la répétition de l'« erreur du dollar ».

Un blogueur, Songhzhe, cité par le New Yorker, sonnait ainsi l'alarme sur Weibo, le site de microblogging chinois :
« Pourquoi devons-nous une nouvelle fois donner ce que nous avons gagné par lefruit de notre sang, de notre sueur et de nos larmes, à ces riches et paresseux Européens ? »

4. Accéder librement à la technologie

Si la Chine est prête à participer avec modération au plan européen de sauvetage de la zone euro, c'est évidemment afin de sauver le premier marché au monde pour ses produits. Mais c'est aussi pour ouvrir plus grand la porte à ses investissements.

Depuis une décennie, les entreprises chinoises tentent de rattraper leur retard à la fois en investissant plus que leurs concurrents dans la recherche et le développement, mais aussi en rachetant des entreprises disposant de technologies de pointe.

Dans la course aux brevets, Pékin s'est heurté, aux Etats-Unis, à des blocages politiques. Que ce soit dans la technologie ou dans l'énergie, les tentatives de rachat d'entreprises américaines par les Chinois ont souvent été bloquées, à l'exception notable de la branche PC d'IBM, vendue à Lenovo.

Dans ses rapports avec l'Europe, la Chine espère qu'il en ira différemment : elle sait que les Européens sont affaiblis et en ordre dispersé. Les investissements chinois, encore modestes, sont déjà en augmentation de 50% cette année, pour atteindre quelque 5,6 milliards d'euros.

Attendez-vous donc à plus de rachats d'entreprises de pointe européennes par les Chinois, sauveurs providentiels de secteurs en difficulté.

Le hasard a fait que le jour même où l'Europe se tournait vers Pékin, un consortium chinois concluait le rachat pour à peine 100 millions d'euros du constructeur automobile suédois Saab, en faillite financière mais disposant d'une marque et d'un savoir-faire reconnus. Saab rejoint l'autre suédois Volvo et le britannique Rover dans le giron d'une industrie automobile chinoise ambitieuse.

Avec l'accord de Bruxelles, la « diplomatie du carnet de chèques » chinois pourra se déployer sans entraves dans une Europe affaiblie et ouverte.

Les optimistes y verront une nouvelle étape de la mondialisation dans laquelle la Chine prendra toute sa place de grande puissance sans pour autant viser l'hégémonie. Les pessimistes, nombreux, y verront la fin de la capacité de l'Europe de peser sur un monde dans lequel elle représente pourtant l'un des pôles majeurs.

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 00:00

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